En 1997, cinq ans après le Sommet de la Terre à Rio, les impacts globaux de l'énergie sur l'environnement étaient devenus encore plus évidents. C'est le moment où le climat a commencé à retenir toute l'attention et les gens qui ne s'étaient jamais préoccupés de l'état de l'environnement se sont mis à témoigner de l' intérêt pour les tendances météorologiques, l'amincissement de la couche d'ozone et les rapports du Groupe intergouvernemental d'étude sur le changement climatique (GIECC). Cependant, peu d'analystes dans les gouvernements, ou dans le milieu des affaires, se sont essayés à mesurer ces impacts, ni à les rapprocher trop étroitement des politiques énergétiques pratiquées par les institutions nationales ou internationales.
A Rio+5, HELIO international a présenté sa première évaluation des politiques énergétiques. La préparation de ce rapport, "L'énergie contribue-elle effectivement à l'écodéveloppement ?", avait aidé à mesurer l'importance de la tâche. Les analystes s'étaient rendu compte que les coûts et avantages des systèmes et des politiques énergétiques devaient être analysés par les observateurs locaux expérimentés dans chaque pays afin d'offrir une évaluation réaliste et raisonnablement mesurée. Les statistiques nationales pouvaient être utiles, quand elles existaient, mais habituellement les données les plus importantes manquaient : les paramètres humains pour savoir ce que font les politiques énergétiques pour améliorer le sort des êtres humains dans le monde.
Pour évaluer l'impact de l'énergie sur l'écodéveloppement, une approche spécifique était nécessaire. HELIO International créa donc l'Observatoire mondial de la viabilité énergétique-Sustainable Energy Watch (SEW). Le mandat de SEW est de développer des séries d'indicateurs qui détectent et évaluent des tendances énergétiques. SEW fédère un réseau d'énergéticiens et de personnes convaincues de la nécessité d'évaluer le rôle de l'énergie pour que les services énergétiques puissent assurer à plus de personnes une vie meilleure.
Lors des cinq dernières années, ces chercheurs se sont rencontrés dans divers pays et ont développé une méthodologie et des indicateurs capables saisir certaines des liaisons entre énergie et environnement ; énergie et santé et bien-être ; énergie et sécurité à long terme, la paix et un futur assuré. Plusieurs de ces Observateur-reporters (ORs) de SEW ont fait un rapport sur ce qui s'est produit dans le domaine de l'énergie et du développement dans leur propre pays depuis le Sommet de la Terre à Rio (1992) et ils partagent leurs résultats avec nous.
Ce CD-ROM présente une série de rapports utilisant les indicateurs d'HELIO. Etant donné les analyses déjà faites dans beaucoup de pays industrialisés, le travail de SEW s'est concentré sur des régions telles que l'Afrique, le Brésil, Taiwan, le Bangladesh, l'Ukraine, la Nouvelle Zélande, la Mongolie et l'Afrique du Sud. Il a étudié également l'Union Européenne qui, grâce à son leadership dans les négociations environnementales et ses politiques d'efficacité énergétique destinées à mettre en application le Protocole de Kyoto, pourrait devenir un vrai moteur de l'écodéveloppement à l'échelle mondiale.
HELIO international a choisi d'informer les politiciens et les décideurs et de travailler également au niveau du public, non seulement pour mieux coprendre ce qui doit changer, mais également pour éveiller la conscience de ceux qui peuvent renverser les tendances en modifiant leur vision du monde et leur style de vie.
On fait la promotion de l'écodéveloppement depuis des années, en fait depuis que le rapport Brundtland a été publié en 1987, mais les résultats sont si pauvres que Johannesburg 2002 a déjà été étiqueté " Rio moins 10". L'expression de "développement durable" (traduction française paradoxale de "sustainable development") a été tellement galvaudée qu'elle est maintenant devenue presqu'anodine. C'est la raison pour laquelle SEW décidé de reprendre le concept initial d'"écodéveloppement". Le terme a été utilisé à Stockholm (1972) pour la première conférence globale sur l'environnement. L'écodéveloppement est un mode de développement en harmonie avec la nature et les besoins humains dans un environnement donné. Par conséquent il peut être différent dans les pays industrialisés ou non, sans inviter de jugement.
Les rapports de ce CD-ROM sont factuels ; ils tracent les grandes lignes de ce que les analystes voient se produire dans un pays qui adopte une politique énergétique particulière et pourquoi. Ces rapports sont le travail d'individus décidés à oeuvrer dans l'intérêt public. Veuillez lire leurs rapports et vous faire votre propre idée : vaut-il mieux devenir sobres en énergie maintenant ou courir le risque de priver de futures générations de la qualité de vie dont bon nombre d'entre nous jouissent actuellement ?
Synthèse des indicateurs :
ENERGIE ET ECODEVELOPPEMENT : UN QUADRUPLE BILAN
"L'énergie est essentielle pour le développement. Pourtant deux milliards de personnes doivent actuellement s'en passer, ce qui les condamne à rester dans le piège de la pauvreté. Nous devons rendre les approvisionnements en énergie propres accessibles et bon marché. Nous devons augmenter l'utilisation des sources d'énergie renouvelable et améliorer l'efficacité énergétique. Et nous ne devons pas hésiter à aborder la question de la surconsommation… " Kofi Annan, Secrétaire général de l'ONU, 14 Mai 2002.
L'ensemble d'indicateurs choisi par Sustainable Energy Watch (SEW) est bien adapté pour tester si les politiques énergétiques traitent bien les questions évoquées par Kofi Annan en son discours célèbre du 14 mai 2002 (WEHAB : eau, énergie, santé, agriculture et biodiversité).
Les indicateurs de SEW évaluent un quadruple bilan : environnemental, social, économique et technologique. Voici la performance de chacun des indicateurs dans la décennie qui a suivi Rio :
PERFORMANCE DES INDICATEURS SEW DEPUIS RIO
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Pays essentiellement
Industriels |
Pays essentiellement
Agricole |
| ENVIRONNEMENT |
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- Indicateur 1 = Emissions de carbone per capita
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D |
A |
- Indicateur 2 = Important polluant local relié à l'énergie
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C |
C |
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SOCIETE
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- Indicateur 3 = Ménages ayant accés à l'électricité
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A |
B |
- Indicateur 4 = Investissements dans l'énergie propre
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C |
B |
| ECONOMIE |
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- Indicateur 5 = Résilience des échanges énergétiques
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F |
E |
- Indicateur 6 = Poids des investissements énergétiques publics
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D |
C |
| TECHNOLOGIE |
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- Indicateur 7 = Productivité énergétique
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B |
D |
- Indicateur 8 = Déploiement des énergies renouvelables
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C |
B |
A: trés bien, B: bien, C:passable, D: médiocre, E: mauvaise, F: échec
Cette évaluation globale est basée sur le meilleur jugement porté après analyse des rapports sur les politiques énergétiques nationales.
Le bilan environnemental a une dimension globale et locale.
Dans la réduction d'émissions de CO2, les observateurs de SEW ont noté des tendances opposées entre les pays industrialisés, ceux qui le sont moins, et les économies des pays en transition.
Généralement les pays de l'OCDE semblent commis à respecter le Protocole de Kyoto même si le refus des USA et de l'Australie rendent la ratification et l'entrée en vigueur plus problématiques. Les émissions de CO2 diminuent donc lentement dans la plupart des pays de l'OCDE, au moins jusqu'à récemment, tandis qu'elles progressent dans les autres régions du monde. Cette augmentation des émissions de CO2 peut être le signe d'une activité économique plus intense ; dans la plupart des cas elle indique également que ces pays deviennent plus dépendants des combustibles fossiles.
Dans les économies de transition (post-communistes) qui toutes se sont effondrées à des degrés divers après 1989, les émissions de CO2 avaient baissé considérablement et une remontée s'est seulement manifestée il y a environ trois ans. Cette tendance à la hausse est susceptible de continuer car les pays comme l'Ukraine restent avec le matériel désuet de leur industrie lourde. Telle est la tendance dans les pays moins industrialisés, qu'ils soient petits ou grands comme la Chine et l'Inde. Les conditions globales pour la stabilisation de climat semblent donc loin d'être favorables à moins que l'accroissement d'activité économique puisse être déconnectée de l'utilisation accrue de combustibles fossiles et puisse converger avec une diminution radicale des émissions de CO2 dans des pays de l'OCDE pour stabiliser l'indicateur à 30% des émissions globales en 1990 (339 kilogrammes de carbone per capita).
Les coûts des dommages dus au changement climatique sont perçus croissant avec chaque tornade et inondation, mais les pays de l'Annexe 1, les pays industrialisés de Kyoto mettent rarement en vigueur des plans d'action climatique dotés de politiques et mesures adéquates. Si des écotaxes sont habituellement mises en application avec de bons résultats, elles existent seulement dans quelques pays. En outre, il semble que pour compenser le parasitage de certains pays (free riders), la lutte contre le changement climatique exigera une augmentation abrupte des conditions du Protocole de Kyoto pour les périodes de budget ultérieures. L'objectif d'une diminution de 70% des niveaux 1990 de CO2 est peu susceptible d'être réalisée à un horizon prévisible.
Simultanément beaucoup de polluants, émissions locales de SOx et de NOx par exemple, diminuent soit en raison de la baisse de l'activité industrielle dans la région, soit parce que le progrès technique continue à fournir des technologies plus propres et plus efficaces. Dans les cas, cependant, où l'énergie nucléaire a été choisie comme source locale de pollution comme la France, les inquiétudes semblent s'accroître avec l'absence de solutions aux problèmes des déchets (nucléaires et toxiques), à la recherche de sites d'enfouissement appropriés, au transport à grande distance de telles substances, au retraitement, sans oublier de mentionner les risques permanents d'accidents ou d'actions terroristes.
Le bilan social montre une certaine stabilité avec un progrès dans l'accès à une électricité fiable, mais peu de créations d'emplois par des investissements dans l'énergie propre (efficacité et énergies renouvelables).
L'électrification rurale progresse principalement quand la population peut avoir accès aux unités électriques décentralisées, comme les équipements photovoltaïques ou éoliens. Les leçons ont été apprises pour assurer que les pièces d'entretien et de rechange soient facilement disponibles à proximité. Comme ces dispositifs sont fournis par des programmes d'aide spécialisée, il y a un danger que les populations perçoivent ce matériel comme étant de seconde classe. Education et formation doivent être fournies simultanément.
Davantage de villages sont reliés au réseau, mais les prix parfois élevés de l'électricité privent d'accès les utilisateurs à bas revenus. Le même phénomène se produit à la fois dans des pays de l'OCDE et les autres car le fossé entre riches et pauvres augmente, de même que le chômage. La Nouvelle Zélande en est un exemple inattendu. Les cas existent où l'électrification a été faite à grand coût et aux dépens d'autres besoins publics. L'électrification ne saurait être un but en soi.
Les politiques énergétiques restent insatisfaisantes pour favoriser l'efficacité énergétique et les investissements énergétiques renouvelables qui fourniraient plus d'emplois par unité d'investissement que les équipements centralisés. C'est un secteur où la plupart des efforts devraient être faits car l'investissement dans de telles formes d'énergie est une situation gagnante sur tous les tableaux.
Le manque d'information et la puissance des lobbys des énergies conventionnelles sont des obstacles majeurs. Le danger existe que ces derniers puissent convaincre des gouvernements d'installer de grands réseaux de distribution dans les zones éloignées des pays en voie d'industrialisation : ceci détruirait les efforts déployés par les populations et les ONG locales pour améliorer l'utilisation de l'énergie et pour installer massivement de petites unités flexibles utilisant les énergies renouvelables. Une fois que l'idée de grands réseaux est acceptée, de grands barrages hydroélectriques ou de grandes usines thermiques déplaceront de plus petits équipements et augmenteront la pression sur l'environnement fournissant seulement des emplois temporaires et de grands excédents d'énergie que l'économie locale ne peut pas absorber aisément.
Le bilan économique se détériore de toute évidence.
La dépendance à l'égard des combustibles fossiles augmente partout, la plupart du temps en raison du transport, mais également en raison de l'expansion de la production électrique dans les pays en voie d'industrialisation.
Les importations de pétrole sont soumises aux variations des marchés du pétrole et des taux de change du dollar. Cela crée davantage de déséquilibre dans les pays à bas revenus qui sont parfois déjà aux prises avec des programmes d'adaptation structurelle. Par ailleurs, les pays producteurs déplorent également l'instabilité de leurs revenus. Le gaz naturel, perçu comme moins préjudiciable à l'environnement et au climat que le pétrole ou le charbon, a vu augmenter son marché dans de grandes proportions, remplaçant souvent le charbon. Le charbon va éventuellement faire une réapparition avec la promotion de l'idée de “charbon propre”, mais il restera cher, exigeant des subventions que les gouvernements ont été invités à éliminer afin de permettre à la concurrence de jouer librement.
Les investissements en énergie non-renouvelable par le secteur public ne diminuent pas. Dans quelques pays ils ont l'inconvénient supplémentaire d'être suffisamment élevés pour empêcher l'investissement dans des actifs plus utiles ou plus productifs. Les investissements par le secteur privé pourraient libérer ces montants, mais le danger est de laisser ces actifs à des compagnies étrangères qui pourraient, en l'absence de règlementation, exporter les revenus, de ce fait augmenter la dette publique du pays. C'est le cas en Nouvelle Zélande, mais il y en a d'autres.
Sur le plan technologique, la scène change rapidement même si les volumes impliqués sont encore faibles.
L'efficacité énergétique augmente régulièrement dans des pays de l'OCDE grâce à l'amélioration traditionnelle annuelle de 1% due au progrès technologique. Elle s'accroît également parce que les engagements de Kyoto ont déclenché l'étude des potentiels d'efficacité énergétique, qui sont importants dans tous les pays, incluant dans les régions peu industrialisées, et des politiques et des programmes complets d'efficacité énergétique. La France est l'exception car elle utilise son excès d'électricité nucléaire pour chauffer des bâtiments. L'efficacité énergétique ne progresse pas dans les pays où de l'énergie est subventionnée et là où les gens ne payent pas leur énergie.
Le déploiement d'énergie renouvelable augmente également dans la plupart des pays. Il est très difficile d'obtenir des statistiques, mais l'expérience des observateurs de SEW compense ce manque. Les initiatives de quelques pays, comme l'Allemagne avec l'énergie éolienne, sont extrêmement encourageantes. Un tel progrès n'est cependant pas encore visible dans le secteur du transport qui augmente le plus son utilisation d'énergie.
L'ensemble du travail de SEW, l'analyse des indicateurs et les commentaires des observateurs-reporters ont mis les résultats suivants en évidence.
En dépit de toutes leurs différences, quand cela vient à l'énergie, la plupart des pays ont beaucoup en commun et partagent le même destin :
1. Peu de gens se rendent vraiment compte de ce que la situation énergétique implique vraiment pour leur pays, et encore moins pour le reste du monde. La question climatique les a forcés pour la première fois à faire face sérieusement aux conséquences globales de leur utilisation d'énergie. Dans l'accomplissement de leurs engagements pour le Protocole de Kyoto, les pays essaient pour la première fois d'adapter des politiques énergétiques pour répondre à des problèmes environnementaux. L'effort est grand, très nécessaire, mais réussira-t-il à stabiliser le climat ?
2. Beaucoup d'énergéticiens, tendent à voir la technologie comme une planche de salut. Plus la technologie énergétique est complexe, plus elle impressionne, mais moins la population a accès à l'information et moins se tiennent de débats. Les décisions sont donc prises sans la pleine et authentique participation des citoyens.
3. Tous les pays ont déclaré l'efficacité énergétique et l'énergie renouvelable comme priorités de leur politique énergétique, mais très peu mettent effectivement en application leurs promesses avec beaucoup d'ardeur.
4. Les qualités des sources d'énergie renouvelable n'ont pas encore été entièrement reconnues, même par les spécialistes des banques multilatérales qui aident toujours les pays en voie d'industrialisation à investir dans des modes de production énergétique dépassés. C'est partiellement dû au fait que l'internalisation des coûts et des avantages n'est toujours pas mise en application et que la concurrence est toujours faussée par la non-application du principe pollueur-payeur.
5. L'énergie renouvelable n'est pas toujours salutaire ou soutenable. Ceci est reconnu pour les grands barrages, mais pas assez pour la biomasse. Les pays agricoles ont une bonne performance dans l'utilisation du bois-énergie, mais cette habitude peut être également très nuisible à court terme et d'autres sources d'énergie doivent instamment être favorisées dans ces pays. Les énergies renouvelables modernes sont une priorité pour leur écodéveloppement.
6. La modernisation est encore perçue comme signifiant plus d'infrastructures, plus de routes, plutôt que davantage de transport en commun ou de chemins de fer ; davantage de grandes usines plutôt que des systèmes décentralisés ; plus de grands réseaux, plutôt que l'accès aux ressources locales. La plupart des gens ne se rendent pas encore compte de la rançon du prétendu progrès.
Les négociations internationales, cependant, ont rendu les différences entre les pays pauvres et riches plus évidentes. Le Protocole de Kyoto les a décrits comme "pays de l'Annexe 1" et "pays non-Annexe 1" et a souligné qu'ils ont "des responsabilités communes, mais différenciées". C'est un concept important et utile, mais est-il pris au sérieux par tous les pays ?
En effet, sous l'étendard de la libéralisation, les pays du nord, même les plus responsables, laissent leurs compagnies multinationales acheter et monopoliser les sources d'énergie et commercer partout dans le monde avec peu ou pas d'avantages pour les populations locales. Le raisonnement reste évident : plus nous pouvons obtenir d'énergie, plus nous sommes en sécurité. Cette attitude soulève l'inquiétude de beaucoup d'observateurs africains en particulier. Les pays pauvres perdent rapidement leurs derniers moyens de contrôle sur leur propre développement : les réseaux d'eau, d'énergie et de télécommunications sont achetés par des monopoles étrangers tirant avantage des tendances globalisantes actuelles.
Avec une privatisation sans règlementation, il est compréhensible que les disparités aient augmenté entre les pays et les continents. Même à l'intérieur des pays le fossé entre les riches et les pauvres s'accroît : il y a de plus en plus de sud dans le nord ! Comme le scandale d'Enron l'a démontré, l'énergie est souvent impliquée dans d'étranges affaires. La crainte du terrorisme dans les pays possédant des réserves ou des couloirs d'énergie amène certaines puissances à imposer une protection militaire (USA en Afganistan, Géorgie) qui pourrait provoquer des dégâts environnementaux majeurs.
En conclusion, nous pouvons dire que même si la globalisation a débuté il y a longtemps dans le domaine de l'énergie en particulier, il nous reste à mieux la comprendre et à l'humaniser. En dépit de la détérioration croissante de l'environnement et de la condition humaine dans beaucoup de régions du monde, les gens ne réagissent pas comme la situation l'exigerait. Les conséquences possibles ne semblent pas déranger ou réveiller les consciences comme elles l'ont fait il y a dix ou même trente ans quand le mouvement environnemental est né. Pour la plupart des personnes et des pays, il n'est pas question de changer d'approche. Il serait grand temps que les gens retrouvent leur instinct de conservation. Ils peuvent le faire d'abord en combattant leur propre ignorance, puis en partageant ce qu'ils ont appris.
Puisque nous ne pouvons changer de planète, les gens informés sont plus responsables que les autres et ont donc à transmettre ce qu'ils savent à leurs concitoyens. C'est la raison pour laquelle les observateurs d'HELIO partagent largement leurs rapports. Car comme Martin Luther King l'a dit un jour : "Nous devons apprendre à vivre ensemble comme des frères, sinon nous mourrons ensemble comme des imbéciles".
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